jeudi 25 mars 2010

Pourquoi cacher ce visage?


Chères cousines, j'aborde aujourd'hui un sujet d'actualité très chaud et très sérieux; le port du voile (du tchador), du niqab, de la burka. À chaque fois que je vois dans le journal la photo d'une femme portant le niqab, j'ai un long frisson dans le dos. Ça me fait peur! C'est viscéral!

Je me souviens, petite fille, avoir dû porter une mantille pour aller à la messe le dimanche. C'était, parait-il, un signe de respect. La messe était en latin; le prêtre nous tournait le dos. Autre temps, autres moeurs! Je n'en ai gardé aucune séquelle car cette mantille, je l'avoue, je la trouvais jolie, toute en dentelle blanche avec un petit peigne sur le dessus pour l'accrocher à mes cheveux courts.

Qui aurait pu prévoir qu'on en viendrait, 40 et quelques années plus tard, à se demander si le niqab et la burka sont acceptables publiquement dans notre société québécoise? Qui aurait pu dire qu'après 30 années de féminisme, la décriminalisation de l'avortement, la désertion des églises, on en viendrait à un tel débat de société?

La première fois que j'ai été confrontée au port du tchador, c'était au comptoir de charcuterie d'un Loblaws. La jeune fille m'a servie avec courtoisie et m'a saluée avec son plus beau sourire. Son visage était lumineux et elle était vraiment jolie. Tout de même, j'étais étonnée de voir le contraste entre la sobriété et la sévérité de son habillement et la douceur de son visage. Un choc!

Puis, un jour, dans un autobus de la ville de Montréal, j'ai vu une femme portant le niqab. C'était plus fort que moi, il fallait que je l'observe. Je n'en croyais pas mes yeux! Ça m'a vraiment choquée! Quelle horreur! Ça m'a bouleversée de constater qu'une femme, dans les années 2000, qui vivait à Montréal, au Québec, au Canada, qui ne pouvait se faire imposer ici de porter un accoutrement pareil, le porte! Cela pouvait donc être un choix! Ça n'avait, à mes yeux, aucun sens! Ne souhaitait-elle pas vivre librement? J'avais encore l'illusion que toutes les femmes souhaitent vivre librement, selon nos critères occidentaux!!! Même nos religieuses d'antan avec leur costume et leur cornette avait le visage découvert! Et le droit de vote!

Puis, j'ai entendu parler d'un groupe de musulmans islamistes de Toronto qui voulait faire appliquer la loi de la charia (la charia codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d’un musulman, ainsi que les interactions sociétales) en Ontario. Je croyais rêver!

Dans mon équipe de travail, il y a une femme originaire de Roumanie. Elle est chrétienne orthodoxe, non pratiquante. Elle a connu le communisme de Caucescu et a fuit la Roumanie dès la chute du dictateur. Elle a vécu en France, en Belgique et même à Hamilton, Ontario. Elle est scolarisée, informée et libre de pensée. Elle est parfaitement intégrée à notre société et je l'adore. Dans mon équipe de travail, il y a un homme originaire d'Algérie. Il est musulman, non pratiquant. Il est très scolarisé, il a vécu en France et retourne en Algérie chaque année pour visiter sa famille. Il parsème son langage de mots "joual", de "sacres" et essaie même d'imiter notre accent et c'est très drôle. Il est tout à fait intégré à notre société et je l'adore. Dans mon équipe de travail, il y a un homme d'origine libanaise. Il est musulman pratiquant. Il respecte le ramadan. À son arrivée au Canada, il y a 9 ans, sa femme et lui se sont remariés. Ils étaient mariés sous la loi islamique et savaient qu'au Canada, il valait mieux avoir un contrat de mariage reconnu par notre législation. Il est très scolarisé et a aussi vécu en Arabie Saoudite. Il est plutôt conservateur dans ses idées mais nous dit, très candidement, que son meilleur ami est homosexuel et que ça ne le dérange pas du tout. Et, lui aussi, je l'adore.

Je crois très sincèrement que mes collègues de travail sont représentatifs de la grande majorité des nouveaux québécois. Je crois très sincèrement que la plupart d'entre eux s'intègre très bien à nos us et coutumes. Mes deux collègues musulmans font un sapin de Noël à la maison parce que leurs enfants le demandent et qu'ils trouvent que c'est une bien belle tradition. Chacun a sa recette de tourtière et de pâté chinois tout en concoctant des plats arabes, asiatiques ou italiens selon leur humeur.

La cohabitation avec les nouveaux québécois nous enrichie. Ils ont beaucoup à apporter à notre société. Il est vraiment dommage que quelques-uns, parce qu'ils sont très "visibles" et que, visiblement, ils ne souhaitent pas s'intégrer, prennent tout l'espace médiatique et suscitent tant de polémique.

J'espère que nous saurons trouver des solutions, nous tenir debout avec nos valeurs, nos arbres de Noël, notre bonhomme Carnaval, notre poutine et notre tourtière au porc et encourager ces personnes à s'ouvrir, à s'intégrer et à comprendre que nous souhaitons connaître leur vrai visage.

Cousines, je vous invite à vous exprimer sur le même sujet et j'ai hâte de vous lire!



lundi 1 mars 2010

"Le temps c'est comme l'argent, ne le gaspillez pas et vous en aurez assez" (auteur inconnu)


Mars: le carnet de Jocelyne

Me voici arrivée au fameux mois où j’entre officiellement dans « l’Age d’or» ! Grand temps de réviser, s’il y a lieu, comment gérer le reste de mes jours.

Ma personnalité s’approchant plus de celle de papa que de celle de maman, je dois dire que j’ai, tout au long de ma vie, fait des choix pour que ma vie soit plus relaxe que stressée. Je n’ai pas souvent accepté que la vie me force à courir.

À mon âge et surtout avec le fait que je sois à la retraite, j’ai encore plus le goût d’une vie sans contrainte où j’aurai le temps, beaucoup de temps pour choisir de « gaspiller » mon temps si je le veux et en même temps ne pas m’en sentir coupable.

Sur le marché du travail, je rêvais de ces jours de liberté qui arrivaient. Bien préparée je me suis mise à faire des listes de « choses à faire » pour chaque jour. J’ai commencé avec 5 tâches ! Après deux semaines j’aurais presque voulu retourner au travail tellement je me sentais coupable de n’en pas accomplir la moitié. Faire tout ce que je n’avais pas eu le temps de faire quand je travaillais était devenu une corvée et je n’avais plus le temps de profiter de ma retraite. Il y a maintenant moins de choses à faire sur ma liste, il y a même parfois …. pas de liste !!!

Les choses ont bien changé. Je prends maintenant mon temps puisqu’il ne concerne que moi .. Il est même possible que l’adjectif paresseuse pourrait être devenu un qualificatif à côté de mon nom. Je ne veux pas d’un calendrier plein de rendez-vous et visites deux mois à l’avance. S’il fait soleil, je sors. S’il fait trop chaud je suis à l’ombre. Si trop froid je marche moins. Les Olympiques à chaque deux ans ? Cherchez moi pas je suis devant la télé. Je reviens de ma marche et j’ai envie d’écrire ? Personne qui me dit que je devrais passer l’aspirateur avant. Qui va me dire que la communication avec mes amies par courriels est gaspillée ?

Donc, pour vous encore sur le marché du travail il y aura dans quelques années plus de temps pour trouver où vous pourriez en gaspiller un peu sans vous sentir coupable…un petit peu de gaspillage peut-être thérapeutique ! Très….

Alors, où « gaspillez-vous » vos heures sans culpabilité ?