
Vous souvenez-vous de cette chanson de Jo Bocan, "Repartir à zéro"?
C'est l'effet que m'ont fait les propos de Mgr Marc Ouellet lorsqu'il a déclaré "que l'avortement est injustifié même pour les femmes victimes de viol". Aujourd'hui, pour nuancer, Mgr Ouellet a déclaré que ses commentaires pour la défense de l'enfant innocent étaient motivés par "le désir de rappeler la dignité de la femme en toutes circonstances et le respect dû à toute vie humaine naissante".
Toute femme digne de ce nom respecte la vie humaine. Toute femme digne de ce nom reste digne même si elle doit faire des choix difficiles pour quelque raison que ce soit et qui ne regarde qu'elle. Personne n'a le droit de la juger même si, à sa place, on aurait pu prendre une décision différente. Mgr Ouellet ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà.
Cela fait 22 ans que l'avortement a été décriminalisé au Canada. Depuis le début des années 60, les religieux ont quitté l'administration des hôpitaux et des écoles publiques. Nos sociétés québécoise et canadienne sont plutôt laïques dans la majorité des aspects qui régissent la vie de leurs citoyens, mariage compris. Et, après toutes ces années, on repart à zéro?
Mon intention n'est nullement de faire l'apologie de l'avortement. C'est une question privée, une question morale pour toute femme qui y est confrontée. Ce choix doit s'exercer tout à fait librement et dans les meilleures conditions possibles. Pour moi, le libre-choix n'est pas négociable. Car c'est bien ce dont il est question; pas si on est pour ou contre l'avortement, mais plutôt, pour toutes les québécoises et les canadiennes en âge de procréer, de conserver le libre-choix. De leur permettre de prendre leurs propres décisions en ce qui concerne leur santé reproductive et, dans la mesure du possible, de favoriser le même libre-choix pour les autres femmes du monde.
Chères cousines, il n'y a pas beaucoup de sujets sociaux ou politiques qui me feraient prendre une pancarte et sortir dans la rue pour manifester. Celui-là, OUI! Restons vigilantes, lisons les nouvelles, écoutons les débats sur le sujet et souhaitons de ne jamais avoir à repartir à zéro...
En effet.... c'est bien ça! Repartir à zéro!
RépondreSupprimerEt je suis bien d'accord avec toi Chantal... retirer le libre-choix aux femmes c'est encore une fois mettre tous les oeufs dans le même panier, c'est recommencer le débat sur l'avortement!
L'Église a le don de se tirer dans le pied et sur divers sujets... et ce n'et pas de cette façon qu'ils récupéreront les ouailles perdus en cours de route!
Je suis aussi pour le libre choix! Comment l'Église peut-elle être aussi étroite d'esprit encore aujourd'hui en 2010? J'ai écouté cette semaine une très bonne entrevue à Denis Lévesque, une jeune femme de 27 ans qui vient d'avoir un enfant racontait qu'elle avait décidé il y a 10 ans alors âgée de 17 ans de donner son premier enfant en adoption plutôt que de se faire avorter. Son choix très personnel a été de donner la vie et d'en faire profiter un couple infertile puisqu'elle était encore aux études et sans le sous. Avec la D.P.J. elle a choisi un couple dont les valeurs rejoignaient les siennes et a demandé d'avoir des nouvelles de son enfant chaque année (photos et lettre à l'appui). Elle n'a jamais regretté son choix car selon elle c'était à ce moment là ce qui était le mieux pour l'enfant. Cette femme très équilibrée a posé un geste d'une grande générosité. Pour certaines femmes donner la vie et se départir de cet enfant serait inconcevable, l'avortement leur apparait un meilleur choix. C'est du cas par cas, il ne faut pas porter de jugement. Si je reviens au propos du Monseigneur (j'ai lu quelque part...) que c'est comme s'il disait (un coup parti) que la pilule du lendemain était un meurtre, que la masturbation un abandon parental et le coit interrompu une grave négligeance des devoirs parentaux!!!
RépondreSupprimerPour finir l'histoire de Nancy :
RépondreSupprimerSi conformément à l'Eglise, la pilule du lendemain est déjà considérée comme un avortement : la masturbation peut-elle être vue comme un homicide prémédité ? En outre, est-ce que lafellation devient du cannibalisme ? De même, faut-il considérer le coïtinterrompu comme un abandon parental ? Que peut-on dire sur le préservatif ? Serait-ce un meurtre par asphyxie ?
Mais mis à part ma petite joke, mes impressions rejoingnent les vôtres.
Quoi ajouter de plus à vos commentaires que, aussi longtemps que notre société sera dirigée par des hommes.....il sera très difficile de leurs faire comprendre notre point de vue. J'ai beau chercher de l'optimisme pour le futur dans ce domaine et c'est bien mince. Il ne faudrait surtout pas retourner en arrière. Il faudra se battre pour garder ce que nous avons déja.
RépondreSupprimerComme d'habitude je suis en retard mais j'ai bien aimé vous lire. Rien de plus à ajouter car vous avez tout dit :-))
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